En jeûnant pendant une semaine complète, on perd en moyenne 5,7 kg. C’est le chiffre issu d’une étude publiée en 2024 dans la revue Nature Metabolism, menée par la Queen Mary University de Londres sur 12 personnes qui n’ont consommé que de l’eau pendant sept jours. Avant de rêver à ce résultat, il faut comprendre ce qu’il recouvre vraiment et pourquoi il ne faut pas l’interpréter à la légère.
Combien de kilos perd-on en jeûnant 7 jours ?

La fourchette observée va de 200 g à 1 kg par jour selon les profils. Sur une semaine, cela donne une perte moyenne de 5,7 à 5,8 kg, soit environ 7,5 % du poids corporel initial.
Ce chiffre varie selon plusieurs facteurs : les hommes perdent en général davantage que les femmes, et une personne en surpoids perdra plus qu’une personne de corpulence mince. La raison est simple : plus les réserves graisseuses sont importantes, plus le corps y puise facilement.
Mais attention à ce que cache ce chiffre. La perte n’est pas uniquement de la graisse. Elle inclut également de la masse maigre : muscles, eau intracellulaire, tissu des organes. Dans l’étude, trois jours après la reprise des repas, la masse musculaire était quasiment revenue à la normale. La perte de graisse, elle, persistait. Autrement dit, le poids affiché sur la balance à J+7 n’est pas le reflet fidèle de la graisse réellement perdue.
Que se passe-t-il dans le corps après trois jours sans manger ?

Le corps ne réagit pas de la même façon dès le premier jour. Pendant les deux ou trois premiers jours, il puise dans ses réserves de glucose. C’est seulement à partir de J+3 qu’il bascule pleinement vers les graisses stockées comme source d’énergie principale — un peu comme une voiture qui passerait de l’essence au gaz.
C’est aussi à partir de ce seuil que les changements les plus significatifs apparaissent. Les chercheurs ont observé que près d’une protéine sur trois présente dans les organes majeurs se modifiait de manière notable : dans le foie, le cerveau, le système vasculaire. Les hormones nécessaires à la reproduction diminuent dès les premières 24 heures. Les protéines cérébrales mesurées dans le sang baissent, mais reviennent à la normale à la reprise alimentaire.
Un effet potentiellement positif a également été identifié : la diminution d’une protéine liée à l’inflammation pourrait expliquer le soulagement ressenti par certaines personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde lors d’un jeûne. Mais en contrepartie, les chercheurs ont détecté une augmentation d’un facteur de coagulation, ce qui accroît le risque de thrombose, même chez des participants jeunes et en bonne santé.
Un jeûne de 7 jours est-il vraiment efficace pour maigrir ?
La réponse honnête est : pas nécessairement plus que d’autres méthodes. Le professeur Benoît Arsenault, spécialiste des maladies cardiométaboliques à l’Université Laval, est clair sur ce point : le jeûne ne fait pas mieux qu’une restriction calorique progressive pour perdre du poids. « Qu’on mange ses calories à l’intérieur d’une fenêtre dans une journée ou qu’on mange un petit peu moins à chaque repas, il n’y a vraiment aucune valeur ajoutée du jeûne intermittent. C’est mathématique. »
Il reconnaît toutefois quelques bénéfices documentés à court terme :
- une légère amélioration de la sensibilité à l’insuline chez les personnes prédiabétiques
- une réduction modeste des lipides sanguins
- un effet positif sur la pression artérielle
Ces bénéfices ne justifient pas pour autant un jeûne de sept jours sans encadrement médical. Les chercheurs de l’étude sont explicites : « un jeûne d’une telle durée doit toujours être réalisé avec l’aide d’un médecin. » Ce type de protocole est formellement contre-indiqué pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire. À titre de comparaison, d’autres approches comme la gym métabolique passive présentent aussi leurs propres risques qu’il vaut mieux connaître avant de se lancer.
Si vous êtes tenté par cette approche, la première étape n’est pas de chercher une recette : c’est de consulter votre médecin ou votre pharmacien pour évaluer si votre état de santé le permet.










