Bacilles de Döderlein : ce que révèle votre résultat d’analyse

Sur votre résultat de prélèvement vaginal, vous lisez « bacilles de Döderlein abondants », ou au contraire « rares » ou « absents ». Que cela signifie-t-il concrètement ? Ces bactéries, aussi appelées lactobacilles vaginaux, forment le noyau protecteur de votre microbiote intime. Leur présence est un signe direct de bonne santé vaginale. Leur absence, une alerte à ne pas ignorer.

Leur mission : maintenir l’acidité vaginale

Les bacilles de Döderlein appartiennent à la famille des lactobacilles. Leur nom vient du médecin Albert Döderlein, qui les a décrits à la fin du XIXe siècle. En pratique, ce sont des bactéries bénéfiques qui colonisent naturellement la muqueuse vaginale et forment un biofilm protecteur.

Leur mécanisme est élégant dans sa simplicité. Ils consomment le glycogène contenu dans le mucus vaginal et le transforment, par fermentation, en acide lactique. Ce processus maintient le pH vaginal entre 4 et 4,5, soit un environnement légèrement acide. Cet environnement acide bloque la prolifération des agents pathogènes comme Candida albicans ou Gardnerella vaginalis.

En plus de l’acide lactique, ces bactéries produisent du peroxyde d’hydrogène (un antiseptique naturel) et des biosurfactants qui renforcent la barrière muqueuse. C’est un système de défense en couches, comparable à un gardien qui verrouillerait plusieurs portes à la fois.

Que signifie votre résultat : abondante, rare ou altérée ?

Flore abondante : bonne nouvelle

Si votre résultat indique une flore de Döderlein « abondante » ou « normale », votre vagin est bien protégé. Les lactobacilles sont majoritaires (plus de 90 % des micro-organismes présents), l’acidité est maintenue et le risque infectieux est faible. Aucun traitement n’est nécessaire.

Flore peu abondante ou altérée : attention aux infections

Une flore « peu abondante », « rare » ou « altérée » signale que les lactobacilles ont reculé. D’autres germes ont pris de la place. Deux types d’infections peuvent alors se développer :

  • La mycose vaginale, causée par la prolifération de Candida albicans (un champignon). Elle provoque des démangeaisons, des pertes blanches caillebottées et des brûlures.
  • La vaginose bactérienne, liée à une multiplication de Gardnerella vaginalis ou d’autres bactéries. Elle se manifeste par des pertes grises ou blanches à l’odeur de poisson, parfois accompagnées d’irritations.

Dans les deux cas, un prélèvement vaginal permet d’identifier précisément le germe en cause et d’adapter le traitement.

Ce qui perturbe les bacilles de Döderlein

Plusieurs facteurs fragilisent cette flore protectrice :

  • La prise d’antibiotiques (ils détruisent les bonnes bactéries autant que les mauvaises)
  • Les changements hormonaux : ménopause, grossesse, contraception (les œstrogènes régulent la production de glycogène)
  • Les douches vaginales et les savons trop agressifs qui modifient le pH
  • Le tabagisme, qui limite la production de glycogène dans les cellules vaginales
  • Le stress chronique et la fatigue, qui affaiblissent les défenses immunitaires
  • Les rapports sexuels avec un nouveau partenaire (le sperme, très alcalin, perturbe l’acidité vaginale)

À retenir : le vagin se nettoie seul. Un excès d’hygiène interne fait plus de mal que de bien.

Comment restaurer la flore vaginale ?

Le traitement dépend de la cause identifiée. En cas de mycose, des antifongiques locaux (crème et ovules) suffisent souvent et sont disponibles sans ordonnance. Pour une vaginose bactérienne, des antibiotiques sont nécessaires (le métronidazole ou le sécnidazole en prise orale sont les options habituelles).

Dans les deux cas, les probiotiques vaginaux à base de lactobacilles (Bion Flore intime, Hydralin Flora ou équivalents) aident à accélérer la reconstitution de la flore. Certains existent désormais en forme orale, ce qui facilite la prise. Votre pharmacien peut vous orienter vers la formule adaptée à votre situation.

Au quotidien, quelques réflexes suffisent à protéger l’équilibre :

  • Nettoyage externe uniquement, avec un produit au pH adapté
  • Sous-vêtements en coton de préférence
  • Changement de protection hygiénique toutes les 4 à 6 heures
  • Uriner après chaque rapport sexuel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *