La graisse de coprah est une matière grasse végétale extraite de la pulpe séchée de noix de coco, puis raffinée à l’aide de solvants. Solide à température ambiante, blanche, sans goût ni odeur, elle s’utilise surtout pour la friture industrielle et la fabrication de savons. À la différence de l’huile de coco vierge, elle a perdu la quasi-totalité de ses actifs naturels lors du raffinage. Voici ce qu’il faut savoir avant d’en mettre dans son assiette.
C’est quoi exactement la graisse de coprah ?

Le coprah, c’est l’amande séchée de la noix de coco. Une fois la chair extraite et passée au soleil ou dans un séchoir industriel, on obtient une matière sèche très riche en graisse, entre 60 et 70 % de matière grasse selon les estimations. C’est cette pulpe sèche que l’on presse ou que l’on traite aux solvants pour en sortir l’huile.
Le résultat, c’est une graisse blanche, semi-solide à température ambiante, qui devient liquide au-delà de 25 °C. On l’appelle indifféremment huile de coprah, graisse de coprah ou beurre de coprah selon sa texture. Elle vient principalement des Philippines, d’Indonésie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Petite précision utile : l’arbre producteur est le cocotier (Cocos nucifera), parfois surnommé arbre de vie tant il a nourri les civilisations tropicales. Aujourd’hui, son huile sert surtout à la grande industrie alimentaire et à la savonnerie.
Graisse de coprah ou huile de coco vierge ?
C’est la question qui revient sans cesse et les deux produits viennent pourtant du même fruit. La différence ne tient pas au cocotier, elle tient au procédé.
L’huile de coco vierge sort d’une première pression à froid de la pulpe fraîche. Les acides gras, les vitamines, les polyphénols restent intacts. On retrouve le parfum typique de la noix de coco. La graisse de coprah, elle, part de pulpe séchée et passe par cinq étapes de raffinage : démucilagination, désacidification, blanchiment, désodorisation, frigélisation. Ces étapes effacent l’odeur, le goût, la couleur. Et avec eux, une bonne part des actifs nutritionnels.
Le procédé d’extraction change tout
La désodorisation, en particulier, fait perdre environ 30 % des tocophérols (la famille de la vitamine E) et favorise l’apparition d’acides gras trans. Quand vous voyez « huile de coco » en supermarché à un prix très bas, il s’agit presque toujours de coprah raffiné. La mention « vierge » ou « extra-vierge » est le seul vrai marqueur de qualité.
Que contient vraiment cette graisse ?
La composition en acides gras est dominée par les saturés, à hauteur de 85 à 90 %. Le détail :
- 40 à 50 % d’acide laurique (un acide gras saturé à chaîne moyenne)
- 16 à 20 % d’acide myristique
- 6 à 8 % d’acide palmitique
- 5 à 6 % d’acide caprique et caprylique
- 5 à 8 % d’acide oléique (oméga 9)
- 1 à 3 % d’acide linoléique (oméga 6)
Aucun acide gras essentiel, donc. C’est l’une des graisses les plus saturées que l’on trouve dans le commerce, plus saturée encore que le beurre animal. Côté micronutriments, le raffinage a fait le ménage : pas ou peu de vitamine E, pas de polyphénols.
Quels usages au quotidien ?
En cuisine
L’argument numéro un, c’est son point de fumée élevé : 232 °C. À ce niveau, elle supporte les fritures sans se dégrader, à l’image de l’huile de palme raffinée. On la retrouve dans :
- Les margarines végétales et les graisses de friture industrielles
- Les fritures en restauration collective et les cantines scolaires
- Certains substituts du beurre vendus en grande surface
Elle ne dégage ni goût ni odeur, ce qui la rend pratique pour les cuissons neutres. Mais d’un point de vue nutritionnel, son intérêt s’arrête là.
En savonnerie
C’est son meilleur terrain. La graisse de coprah donne aux savons une mousse stable et une bonne dureté, deux qualités difficiles à obtenir avec d’autres huiles végétales. Elle remplace souvent l’huile de palme dans les savons artisanaux pour des raisons éthiques et écologiques. Pour cet usage, le raffinage n’est pas un problème.
Faut-il s’inquiéter pour la santé ?
Trois points méritent attention.
D’abord, les acides gras trans créés pendant le raffinage. Une consommation excessive augmenterait le LDL-cholestérol et ferait baisser le HDL-cholestérol. L’ANSES recommande de ne pas dépasser 2 % de l’apport énergétique total en acides gras trans, toutes sources confondues. Pour un tour d’horizon complet des dangers de l’huile de coprah, il y a de quoi creuser plus loin.
Ensuite, le profil saturé. Les graisses saturées en grande quantité sont associées à un risque cardiovasculaire accru. Pour un adulte qui consomme déjà du beurre, du fromage et de la charcuterie, ajouter du coprah au quotidien revient à empiler les saturés.
Enfin, un détail moins connu : le coprah est fréquemment contaminé par l’aflatoxine, une mycotoxine cancérigène. L’Union européenne interdit déjà l’import de tourteaux de coprah destinés à l’alimentation animale en provenance de certains pays asiatiques.
En pratique, gardez la graisse de coprah pour les fritures occasionnelles ou la savonnerie maison. Pour le quotidien, l’huile de coco vierge bio reste le bon réflexe côté nutrition et l’huile d’olive ou de colza vierge restent imbattables côté équilibre.










